Des délais logistiques qui mettent la chaîne du froid sous pression
Dans le transport international de produits surgelés, le temps de transit est devenu un facteur critique. Entre tensions géopolitiques, congestion portuaire et contraintes d’infrastructures, les délais logistiques s’allongent parfois de plusieurs jours, augmentant fortement le risque de rupture de la chaîne du froid.
Ce phénomène touche aussi bien le transport maritime que le transport aérien, obligeant les exportateurs à renforcer leurs stratégies de traçabilité température et à s’appuyer sur des outils de suivi fiables.

Produits surgelés : une exigence de qualité absolue
Les produits surgelés premium — pâtisseries artisanales, produits laitiers, fruits ou produits de boulangerie — nécessitent un contrôle thermique irréprochable du départ jusqu’à la livraison finale.
Dans ce contexte, la traçabilité ne se fait plus “en cas de doute” : les données température sont analysées systématiquement afin de prouver la conformité du transport et sécuriser les transactions commerciales.
La donnée devient même un argument économique : dans certains cas, le rapport de température conditionne le paiement de la marchandise.
Transport aérien de surgelés : des contraintes proches du pharmaceutique
Certains produits surgelés sont transportés avec de la glace carbonique pour maintenir des températures extrêmement basses.
Mais cette solution impose :
- des limites strictes de quantité par colis
- des règles de sécurité spécifiques
- le respect des normes IATA
Une mauvaise gestion peut compromettre la qualité produit avant même l’arrivée, d’où l’importance d’un suivi précis et documenté.

Des routes plus longues = des risques plus élevés
Aujourd’hui, un trajet maritime qui durait environ 20 jours peut désormais atteindre 25 jours ou plus.
Autre difficulté : dans certains ports, le nombre de prises électriques pour alimenter les conteneurs frigorifiques est insuffisant, obligeant à effectuer des rotations de branchement avec un risque de hausse de température.
Dans ces situations, l’enregistreur de température devient la seule preuve fiable de ce qui s’est réellement passé pendant le transport.

Pourquoi la traçabilité devient un standard mondial
La traçabilité thermique devient progressivement un standard international. Certains importateurs imposent désormais un enregistreur de température sur chaque expédition, voire fournissent eux-mêmes les dispositifs aux exportateurs.
Cette évolution s’explique par les enjeux croissants liés :
- à la conformité réglementaire
- à la sécurité alimentaire
- à la responsabilité contractuelle
- à la protection de la valeur marchande
La donnée : nouveau pilier de la performance logistique
La digitalisation permet aujourd’hui de :
- centraliser les rapports température
- analyser les historiques transport
- identifier les routes à risque
- optimiser les décisions logistiques
Les plateformes cloud permettent d’archiver et d’exploiter ces données pour améliorer la performance globale de la supply chain.

Pourquoi le temps de transit est devenu un enjeu stratégique
Plus le temps de transport est long, plus le risque de variation thermique augmente. Les produits surgelés doivent généralement rester sous –18 °C pour garantir leur qualité et leur sécurité sanitaire.
Même une exposition courte à une température plus élevée peut altérer texture, qualité et durée de conservation.
Avec l’allongement des temps de transit, la maîtrise de la chaîne du froid devient un enjeu stratégique pour les exportateurs de produits surgelés.
La traçabilité température n’est plus seulement un outil technique : elle devient un levier de conformité, de sécurisation financière et d’optimisation logistique dans un commerce international toujours plus exigeant.

